
Un film de Cheyenne-Marie Carron
J’ai commencé l’écriture de L’EDEN il y a plusieurs années. Sur ce chemin de
l’écriture, j’ai parfois renoncé car beaucoup de mes amis me disaient que ce film était
un projet « naïf ». Parler d’amitié entre un soldat juif Israélien et un chrétien Libanais
et un combattant Palestinien musulman, paraissait illusoire pour beaucoup.
Le conflit qui a éclaté récemment au Proche-Orient, m’a donné des raisons d’aller au
bout de cette écriture.
L’EDEN raconte l’histoire des hommes qui choisissent la fraternité et l’amitié dans
un contexte de guerre. L’EDEN c’est ce paradis retrouvé, d’un monde qui naît dans
un autre monde, celui du chaos, qui disparait. Les personnages de ce film ne seront
pas des saints pour autant. Je ne souhaite pas non plus idéaliser ou rendre inaccessible
par une trop grande perfection (au sens d’irréalité) mes personnages. Ils sont à taille
humaine.
Ruben, le soldat Israélien est usé par la guerre, mais aussi par des épreuves
personnelles. Son épouse l’a quitté, il avance seul dans un monde qui évolue à
l’opposé de son idéal.
Joseph vit dans sa chapelle. Ses parents ont été tués par un mortier. Il lutte pour sa
survie.
Ibrahim est un musulman Palestinien. Combattant pour des groupes terroristes, il a
échappé plusieurs fois à la mort. Gravement blessé à la jambe, il doit cesser le combat
armé.
Ces hommes, pour des raisons diverses, prennent une distance avec le conflit et
lorsque leurs chemins se croiseront, se reconnaîtront, car ils ont vécus des épreuves
similaires. Ils reconnaissent en l’autre un semblable.
Le personnage principal, Joseph, fraternise avec Ruben et Ibrahim. Ils se sauveront
tour à tour.
Dans L’EDEN, il sera question de la filiation judéo-chrétienne qui relie ces peuples,
mais aussi de la fraternité au monde musulman. L’héritage des religion monothéiste
et de ce qu’elles ont en partage. C’est ce fond de croyance, de pensée morale et
sociale, qui irriguera le film.L’EDEN est une sorte de fable, de mythe. Le mythe n’est donc pas la volonté de
raconter la réalité, mais de fonder l’inspiration d’un mouvement renouvelé. Il y a une
mystique propre au mythe, pour Ruben, Ibrahim et Joseph, leur lien sera l’avènement
d’un nouveau monde.
Techniquement, je montrerai peu la guerre. Disons qu’Elle sera présente sur la bande-
son autour, en off, sur cette parcelle de terre, qui s’appelle L’EDEN dans le film.
Les tirs, les explosions, les fumées seront visibles au loin. Mais il y aura une distance
avec les manifestations de la guerre. Cette distance dans le film sera
métaphoriquement la distance de mes personnages avec Elle.
Les rares intrusions de violence rappelleront aux personnages ce qu’ils fuient.
La caméra sera proche des personnages. Souvent en subjectivité de leur regard. Je
veux une caméra intime. Qui permettra un détachement plus grand avec
l’environnement du conflit, hostile, tenu en respect : loin de L’EDEN.
le lien de réservation pour l’avant-première au cinéma Le BALZAC à
Paris le 12 février à 20H30 :
https://www.cinemabalzac.com/film/630711